Anonymat Clandestin

Pas de mots et pourtant... voilà

le 02/09/2008 à 11h34

Il n'y a pas de mots en ce moment dans ma tête, les sensations sont réelles, surement trop et je n'arrive pas à les écrire. Et puis, c'est bien connu, le bonheur n'intéresse personne et pire n'inspire personne. Pourtant c'est si agréable de lire des sourires mais comment les écrire ? Je ne sais pas, alors je préfère écrire mes doutes, mes démons cachés. Ces angoisses fugaces qui m'étouffent pour un détail, un rien, une infime petite rature, et je lutte contre mon corps pour ne pas les déverser en larmes lorsqu'Il me regarde attentivement en disant "ça va ? Qu'est ce qu'il y a ? T'es toute triste on dirait". Je ne réponds rien, un seul mot et c'est la défaite de mon barrage, je lance mon regard par la fenêtre pour essayer de me raisonner. Ce sont les mêmes peurs qui reviennent le soir quand, épuisé, tu t'effondres sur le lit et t'endors dans la seconde. Je te regarde longtemps dormir pour oublier les questions ressassées qui m'empêchent de m'endormir aussi. Je finis par me lever et devant la fenêtre grande ouverte et le rideau soulevé par le courant d'air, j'explore ta vue que je connais par coeur, les voitures des autres locataires, le balcon de ton voisin, la haie, la rue, les barres HLM au loin que je vois aussi de ma fenêtre... Et je te sens endormi derrière moi et je t'en veux de me laisser toute seule dans le noir et dans mon insomnie, et pourtant, je voudrais tout sauf que tu surprennes encore mes angoisses. Etrange contradiction balayée bientôt par la tendresse que j'éprouve en regardant tes pieds qui sortent toujours du lit... C'est bête mais je t'aime en entier et comment lutter contre ça ? Je devrais finir par me rendre. Comment ne pas aller au mieux quand on vit une relation comme la notre ? Non... ce n'est pas ça, c'est... Comment dire ? J'ai si peur, si peur de tout perdre... Je te l'ais dit, la chance tourne, elle finit toujours par tourner, quoiqu'il arrive... J'ai peur que tu te lasses de moi, que tu sois malade, que tu... que tu meures aussi. C'est morbide ? oui assez, voilà mes cauchemars : La mort de mon amour et le suicide de mes proches. Je crois que tu as raison, je ne sais pas profiter du moment présent parce que je suis sans cesse en train de penser à mes potentiels futurs regrets... Je ne sais pas profiter, mais... tu vas m'apprendres...

Evidence

le 18/07/2008 à 21h59

Jamais je n'aurais pu croire que ça m'arriverait... si vite et comme ça... Comme un rêve qui se réalise, comme une personne qu'on attendait depuis si longtemps et qui apparait enfin dans l'encadrement de la porte, comme une musique lointaine dont on se souvient enfin du nom... Un soulagement mêlé à une joie intense, je ne sais même plus. Je crois que j'apprends trop de sentiments en trop peu de temps.


Je pense à lui et je pleure... je pleure de joie parce que je n'arrive pas à réaliser qu'on s'aime, je pleure parce qu'il est loin de moi, je pleure parce que j'ai peur de le perdre. Je ne sais que pleurer et j'ai honte, alors j'arrête de respirer pour retenir mes larmes, je me concentre fort pour ne pas qu'elles sortent, quand je suis dans ses bras, ou l'oreille collée au téléphone pour bien entendre sa voix, ou lorsqu'il me regarde dans les yeux en me disant "je t'aime", ou même après... ma main sur son torse. Je n'explique pas d'où viennent toutes ces larmes et je voudrais tellement les lui cacher... Elles me déshabillent, elles lui révèlent des secrets, elles me trahissent toujours... Mais je n'ai plus peur, presque plus peur... de lui. Plus peur qu'il prenne mes "je t'aime" et mes larmes et qu'il déguerpisse en courant, en me laissant toute seule, cambriolée de l'intérieur et surtout humiliée. Je n'ai plus peur. Même si parfois je me réveille en sursaut parce que j'ai rêvé qu'il était mort, même si parfois je tourne en rond en inventant mille scénarios de trahison, toujours, toujours, quand on se retrouve après plusieurs jours, plusieurs semaines, je scrute le fond de ses yeux et je ne peux pas me tromper, sa sincérité... elle brille jusqu’à m'éblouir. Et lui, il me serre et il me regarde, il me regarde, il me regarde et je sais... je sais qu'il ne me reste plus qu'à être heureuse. Mais c'est dur de croire en son bonheur, c'est dur de se laisser enfin aller…



"Tu sais, j'suis pas amoureuse de toi, je t'aime et c'est ça qui change tout... je t'aime"

Soirée déroutante...

le 26/06/2008 à 12h12

Etrange soirée que celle que j'ai vécue hier... Les belles mères ce n'est plus ce que c'était...

Invitée à accompagner mon cher et tendre et sa sœur au restau pour l'annif de leur mère, je m'étais dit qu'il ne fallait pas trop en faire niveau présentation, j’optais donc pour une tenue plutôt décontract et très peu de maquillage... Malheureusement j'ai du m'avouer que je m'étais plantée sur ce coup quand j'ai vu débarquer la sœur et la mère dans de belles robes noires très chics et de luisants petits escarpins à talons... Soucieuse de faire bonne impression devant la mère de mon copain que je rencontrais pour la première fois, j'oubliais néanmoins tous les aprioris sur les belles mères possessives et arrogantes. Au moins pour ça j'ai eu raison, car cette femme là n'a vraiment rien d'un cliché.

Après avoir cherché un restau pendant une bonne demi-heure, on s'assit en terrasse du Cinecita en plein centre-ville, juste à côté du TNT que j'aime tant. Mais quand j'ouvris la carte pour choisir un apéro puisque c'était visiblement de rigueur, j'ai cru faire un arrêt cardiaque... Pas de cocktails à moins de 7€, pas d'alcool à moins de 10€... Gros dilemme ! Je ne savais pas qui aller payer, mais que ce soit moi ou quelqu'un d'autre, le problème revenait au même, vu le prix des boissons, les plats allaient être forcément affreusement chers, et soit mon porte monnaie allait souffrir, soit j'allais être vraiment très gênée de me faire offrir un tel repas, je demandais donc à la serveuse un Fanta... Et là ! Je sentis fondre sur moi tous les regards... Arg ! Mauvaise réponse... "Quoi ? Tu ne prends pas d'alcool ?!"... "heu non non c'est bon"... et tout bas à mon copain "c'est trop cher ! glup".

Après quelques questions incontournables et l'ouverture du cadeau, la carte atterrit de nouveau dans nos mains... Le plat le moins cher, le plat le moins cher, où il est ? "Vous prenez un Menu saveur hein ? Comme moi et Maud ?".... Menu Saveur ? Menu saveur, c'est où ça ? ... Heuuuu, oulah, 29€... Je glisse tout bas à l'épaule masculine qui se tient à ma droite "j'aurais jamais assez faim pour un menu, en plus t'as vu le prix, j'vais prendre des gnocchis comme ça je verrais comment ils les cuisinent"... "Non, non, je t'interdis de prendre un plat à moins de 15€, prends ce qui te fait plaisir"... "Arrêtes, c'est très bien les gnocchis"... Et lui, tout haut, à sa mère : "Violaine va prendre comme moi, un souris d'agneau au miel avec un oignon cuit à l'étouffé" ou j'sais plus trop quoi, autrement dit : un plat à 18€...

La belle mère commande une bouteille de vin dont je n'ose pas regarder le prix, le goute, "non non ça n'ira pas du tout avec ce qu'on mange, rebouchez là moi s'il vous plait, je l'emporte mais j'en commande une autre, oui oui un vin italien, rosé, tu préfère rosé ou rouge Violaine ?". Idem avec l'assiette de sushis.

Cette étrange femme est un mélange de jeunesse et de raffinement, je ne comprends pas trop comment elle s'y prend mais du haut de ses 57 ans elle est vraiment épatante. Elle parle de tout, de film, d'architecture, de ses expériences avec le cannabis, de la condition des femmes en Ethiopie, des chansons que son fils va lui "choper", des plaisirs culinaires, du cadeau que ses enfants ont offert à leur père pour "tripper"... Je suis sur le cul ! heuu oups ! je veux dire, je suis sans voix...

Entre les plats elle me prends en photo, seule ou avec son fils, et éclate de rire en se voyant, elle et sa fille, sur le petit écran . Au moment du dessert, je fais encore mauvaise figure en refusant d'en commander un mais je goûte dans chaque assiette pour leur faire plaisir. C'est à ce moment que la belle mère se lève brusquement "je vais te commander un dessert" et là voilà disparue... "heuuu quoi ? où elle va là ?"... "Laisse, c'est son anniversaire, il faut pas la contrarier". Et un fondant au chocolat absolument délicieux se retrouve sous mon coup de cuillère sans que j'ai pu discuter... J'ai trop mangé mais lorsque je vois la serveuse poser le carton de l'addition sur la table, juste sous les yeux de cette étrange femme, je me sens alors très très mal. C'est avec classe qu'elle demande à payer par carte et qu'elle vide son compte de la totalité des ***€ qu'a coutés ce repas... Je balbutie un faible merci auquel elle me répond très enjouée "mais c'est avec plaisir ! "Avec plaisir" c'est une expression du Lot non ? Vous dites quoi en Aveyron vous ?"...

Ce soir là, je rentre chez moi à 1h du matin, hallucinée, une soirée vraiment déroutante... La mère de mon copain est vraiment étonnante, mais je la trouve vraiment très sympathique, les êtres humains me surprendront toujours... parfois j'ai vraiment du mal à cerner certaines personnes... En tout cas, les belles mères c'est plus ce que c'était !

Pour aller où ?

le 02/06/2008 à 15h52

Je les ais accompagnées station Borderouge, terminus de la ligne B, elles avaient rendez vous pour rentrer chez elle, du covoiturage. Les aurevoirs sont rapides, j'ai passé un week end fabuleux, rien d'extraordinaire, non vraiment rien mais juste être avec elles, rien que pour ça, je sais que j'existe. Trois bises à chacune et me voilà retournée dans le métro, un poids dans la poitrine. Je me sens effroyablement seule tout d'un coup... Un dernier message pour leur dire que je les aime et une réponse 5 minutes aprés... "ici, en même temps que ton message, un rayon de soleil"...


***


Je cherche le soleil dans ma ville, je cherche le futur dans ma vie. Un peu perdue mais libre, le cerveau saturé mais heureuse. Et ta main sur ma peau c'est la preuve de ton existence, est-ce aussi la preuve de ton amour ? Est-ce qu'on se lassera vite de se regarder dans les yeux ? Combien de temps encore survivra ce plaisir unique de se redécouvrir sans cesse ? Et les silences entre nous sont-ils des murs ou des liens ? Attends-tu quelque chose de moi ou es-tu heureux tout simplement ? Tu sais, je ne sais pas si je dois te le dire mais je crois que je t'aime...


***


J'ai peur de perdre ma créativité... Je sens que je m'enfonce dans un cercle matérialiste, j'essaie de construire ma vie sur des situations, des objets, des sorties... des moments en fin de compte... Le temps est-il matériel ? Comment dire ? Je ne sais plus, je crois, exprimer autre chose, peut être que je ne ressens plus grand chose de réellement profond. J'ai peur de devenir superficielle, d'oublier d'explorer ce monde fabuleux qui se trouve au fond de moi, peut être que ça fâne là bas, peut être que ça tombe en décrépitude... Comment y retourner ? J'ai si peur de perdre... de me perdre. Je suis heureuse, ce n'est peut être-qu'une illusion...


***


Mon blog est une prison de "peut-être", je crois... Le doute et la peur en sont les gardiens.

Ici et maintenant

le 12/05/2008 à 20h41

"Il y a des choses que l’ont voudrait pouvoir saisir et conserver au creux de ses mains, des choses infimes qui nous rassurent et qui nous touchent, des choses ou plutôt des moments ténus, des sentiments enfouis qui se résument à la courbe escarpée d’un cil ou d’une épaule, au fil d’un sourire où se risquent nos lèvres funambules ou encore à la dégringolade légère du vent sur notre nuque."


Alors pourquoi cette angoisse ? Pourquoi... tout d'un coup, un mot insignifiant, un tout petit regard de toi que j'interprète sûrement mal mais pourquoi déjà tout s'effondre en moi ? Et une voix qui se met à répéter sans cesse dans ma tête "quoiqu'on fasse, on est toujours seul, toujours seul"... Et je ne dis rien mais tout s'assemble soudain et pèse lourd et m'oppresse... et j'ai peur de tout perdre, et j'ai peur de tout gâcher, comment t'expliquer ça ? Comme si sans m'en rendre compte je faisais tout de travers et... personne ne me prévient mais d'ici peu tout prendra fin, tout ce qui me donne envie disparaitra... comment te dire l'absurdité de ces angoisses totalement injustifiées ?


"L'homme est capable de faire ce qu'il est incapable d'imaginer. Sa tête sillone la galaxie de l'absurde" René Char


"[...] Oui, il est des choses que l’ont croit anodines ou futiles, presqu’insignifiantes alors qu’elles sont en fait la clé de voute de tout un échafaudage minutieux et subtil que s’acharne à mettre en place le destin ou pire ; la fatalité."

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