Anonymat Clandestin

Entrevue

le 30/10/2007 à 20h57

Me souvenir de nos discussions devant des chocolats chauds dans le petit café du coin, lui poser la question de ce que c'est d'aimer pour de vrai, se demander comment on pourrait remplacer ses amis, se dire que c'est impossible, entendre résonner les "tu me manques" dans les tasses, oublier de lui raconter un détail sans importance mais qui l'aurait fait sourire forcément, parler du vide que ça fait maintenant que tout le monde est parti pour les études, me raconter avec précisions sa vie amoureuse, écouter ses questions, la conseiller sans rien y connaître, donner des recommandations que je ne pourrais pas suivre moi même, la regarder m'écouter quand je parle de mes espoirs, quand je parle d'un tel qui m'a troublé avec son sourire, quand je parle tout simplement, triturer la carte des boissons en racontant le métro, la fac, les gens, l'aider à empiler des sucres en l'écoutant me dire qu'ici tout est pareil, comme avant mais plus calme parce qu'on est plus là, avoir envie de lui expliquer à quel point elle compte, à quel point j'ai besoin d'elle, me retenir de lui avouer que même à distance on se rapproche encore et encore, il n'y a pas de limite à l'amitié... Aimer par amour c'est pas aimer plus que par amitié, c'est juste aimer différemment, c'est incomparable.

Blues du soir

le 22/10/2007 à 21h48

J'ai un peu le cafard (beaucoup ?)... et cet article, je le sais, va sûrement paraître aux yeux de pas mal de gens (enfin en même temps y'a tellement peu de monde qui vient ici...) comme ridicule et immature peut être. Oui j'ai le blues, le blues des jeunes occidentaux, de ces gamins qui n'ont jamais connu la faim, qui n'ont jamais connu le réel manque de quoique ce soit, je veux pas grandir... Et c'est comme ça depuis que j'ai 6 ans, normalement à cet âge là, on aimerait êre grand pour faire tout ce qu'on veut, mais moi c'était pas comme ça, moi je disais à ma mère "je veux pas grandir, pour pas mourir" et c'est ces paroles là que je retrouvais quelques années plus tard dans les chansons de Mylène Farmer... Je veux plus grandir, parce que j'ai peur, parce que c'est trop de choix à faire, trop de difficultés toujours plus complexes à surmonter, trop de questions, de doutes... Je veux plus grandir, c'est trop dur de dire adieux aux calins de sa maman, au lit douillé et rassurant de sa chambre d'enfance, aux odeurs familières de toute une vie de petite fille... Je veux pas, j'ai trop peur de mourir, de pas user correctement de ma vie, de pas en faire ce qu'il faudrait, de...



Il n'y a rien et je nage dans le flou...


photo : vue urbaine de ma fenêtre, un matin...

Un peu perdue

le 13/10/2007 à 14h44

Un peu perdue dans ma vie, une vie qui n'est plus la mienne car elle a complétement changée. Impression bizarre de ne plus être chez soi, de se retrouver projeter dans une nouvelle vie,  une vie d'étudiante toulousaine, qui prend le métro tous les matins et qui essaie de se faire une petite place au milieu de la fac...


La fac, une sorte de petite ville, qui grouille de gens de toutes sortes, et pour seules indications, un petit plan et un emploi du temps... pas de mode d'emploi, ça manque.. Alors je met parfois une heure à trouver une salle, parfois 15 min pour aller de l'une à l'autre tellement c'est grand comparé à mon lycée de campagne (^^), je rencontre des gens dont je n'aurais pas soupçonné l'existence avant et je crée ma vie toute seule, c'est sûrement ça qui change tout... J'ai comme l'impression d'être dans un film... Je décide toute seule de ce qu'il est bon de faire, je fais mes choix, je prends des décisions, beaucoup plus qu'avant... en gros je suis autonome... c'est bien, c'est une grande liberté, comme si on remplissait tout d'un coup un grand vide en nous même, mais en même temps c'est terriblement effrayant car il n'y a personne pour te retenir dans ta chute, il y a le vide sous toi et tu te sens le roi du monde mais au moindre faux pas, personne ne sera là pour te dire que tu t'es planté, effrayante ivresse de liberté...

Interrogations urbaines

le 13/10/2007 à 14h21

Est ce que c'est moi qui prend ce métro ? qui me serre contre la barre métalique pour ne pas être écrasée par la foule ? qui me faufile entre les gens pour ne pas à avoir à attendre la prochaine rame ? qui marche vite dans ces couloirs pour prendre l'escalator ? Suis-je devenue une partie de cette foule, une entité infime de cette humanité là ? Alors c'est ça ? Je me serais inserée dans la vie urbaine, je fais partie de cette masse, je suis cette masse qui bouge en phase, qui se presse aux portes du métro à 8h du matin puis à 18h pile ?


Je suis eux et alors que de cette foule assemblée, je peux prédire les faits et gestes depuis peu, ces habitudes, pourtant chaque personne qui l'habite m'est complétement inconnue, impossible de dire leur prénom, de raconter leur vie... Quel étrange chose que de faire partie d'une ville, c'est la connaître en surface, c'est savoir chaque détour de sa forme générale, mais c'est ignorer jusqu'à la plus petite existence qui la compose, sauf la sienne... et encore... C'est étrange, étrange de marcher dans la rue et de ne reconnaître personne, étrange de voir autant de visages différents et inconnus en une seule journée, une seule heure... Quelle bizarerie de la vie humaine que de croiser mille personnes en une demi heure et de n'avoir entendue aucune parole qui vous est destinée, aucun bonjour, de n'avoir vu aucun sourire...


Peut être que c'est ça vivre pour soi, peut être qu'il faut savoir oublier qu'on vit au milieu de milliers d'autres gens à l'existence semblable à la notre, pour encore avoir un petit l'impression qu'on est unique, différent, utile au sein de l'humanité... une humanité que pourtant on se force à ignorer, qui nous est complétement étrangère, quel paradoxe ! C'est notre instinct de survie à nous, les humains, toujours garder le sentiment d'exister, toujours toujours... pour éviter le néant.


Retour

le 28/09/2007 à 22h56

Elle allait mal, quand je la voyais je ne la reconnaissais pas, même visage, mais plus le même sourire, plus de sourire du tout, pas un mot, pas un rire, parfois même pas un bonjour, juste un regard infiniment vide et triste, elle était comme dans un coma éveillé. Je ne comprenais pas, je lui en voulais sans vraiment lui reprocher cet état, comment lui en vouloir d'aller au plus mal ? Je voulais retrouver l'autre, celle d'avant, la vraie, celle qui petait la forme quand je passais la voir, celle qui déconnait, celle qui se faisait passer pour plus qu'une amie dans les fêtes pour faire peur aux gars trop collants... J'ai cru qu'elle ne reviendrait pas pendant un temps, pas de réponse, refus sur refus à mes propositions de sortir, de vivre quoi, plus rien, je la voyais s'éloigner mais ce n'était déjà plus elle, c'était cet autre qui l'étouffait, cet autre comme une morte-vivante, qui ne voulait plus manger, qui ne pouvait plus dormir, qui n'expliquait pas son état sauf quand j'insistait vraiment trop et qu'elle s'effondrait en larmes sur sa petite table d'appart toute neuve. Cet autre qui voulait mourir, s'allonger sur la route et attendre qu'on l'écrase enfin... J'ai eu de la peine pour toi et qu'est ce que j'ai eu mal de voir que tout ce que je faisais pour que t'aille mieux ne servait à rien, qu'est ce que j'ai souffert de te voir ne rien assumer, comme une trahison, j'ai compris que ce n'étais pas ça....


Parce que maintenant tu es là, je n'explique pas mais tu es là, la vraie, tu irradie de joie rien qu'à l'idée d'une soirée passée tous ensemble, entre amis. C'est toi, la vraie, vraiment, enfin... Je ne sais pas comment c'est possible, mais qu'est ce que tu m'as manqué pendant toutes ces semaines, où étais tu allé ? qu'importe, tu es là maintenant, et je compte bien qu'on ratrappe tout ce temps perdu à être malheureux, si tu savais combien ça me fait plaisir de te voir aller bien, de te voir amoureuse, je suis heureuse pour toi, sincèrement, comme tu l'as dit toi même "Je n'avais pas pris conscience de la chance que j'avais de vous avoir, tous, sans vous je ne serais pas tout à fait moi, vous faites parti de moi, vraiment"... Je n'explique pas, mais je pardonne tout, tous ces silences, toutes ces incompréhensions, enfin non je ne pardonne rien du tout parce qu'il n'y a rien à pardonner, je ne t'en ai jamais réellement voulu, aprés tout, les amis c'est fait pour ça, être toujours là quoiqu'il arrive et passer sans cesse l'éponge...  Merci, je sais pas à qui, à quoi, mais merci de m'avoir rendu mon amie, la vraie...

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